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OBESITE ET SURCHARGE PONDERALE CHEZ L’ENFANT

Les petits Français sont de plus en plus gros. On estime qu’à l’heure actuelle un Français sur dix a une surcharge de poids à l’âge de 10 ans. La France a connu une progression des cas d'obésité infantile de 30% en 10 ans.
La vie d’un enfant gros n’est pas facile. Son obésité a de plus des conséquences sur sa santé. Et plus elle est sévère, plus son traitement est difficile. À l’origine de ce constat inquiétant, l’hérédité, bien sûr. Souvent, aussi, une mauvaise compréhension des besoins de l’enfant.

DEFINITION

L'obésité se caractérise par une surcharge graisseuse et un excès de poids, entraînant des effets néfastes pour la santé. Cet excès de masse grasse dans le corps est le résultat d'un déséquilibre entre l'apport calorique quotidien et les dépenses énergétiques : l'organisme reçoit plus qu'il ne dépense et donc "stocke" une partie du surplus. Chez l'enfant la définition de l'obésité se heurte à des difficultés. Les variations physiologiques de l'adiposité au cours de la croissance ne permettent pas de définir une valeur unique de référence. Le comité d'experts de l'OMS recommande l'utilisation des courbes d'IMC (Indice de Masse Corporelle) présentes dans les carnets de santé en fonction de l'âge et du sexe.

 

CAUSES
A quelques exceptions près, aucun pays industrialisé n'est épargné par cette "épidémie d'obésité" qui s'explique principalement par de mauvaises habitudes alimentaires : les graisses et les sucres rapides pour les enfants, comme pour les adultes, sont en cause. Mais d’une façon plus générale, les raisons du développement de l'obésité sont multiples et intriquées, on distingue des déséquilibres complexes d’ordre nutritionnel, génétique, métabolique, psychologique et social.
- Déséquilibre nutritionnel :
La nutrition joue un rôle important sur le déroulement de la croissance. La disponibilité en abondance d’aliments attrayants, riches en lipides et en sucres rapides, l’ennui, des problèmes affectifs et/ou scolaires vont amener un enfant à rechercher dans la nourriture une compensation, pouvant entraîner un déséquilibre prolongé entre apports et dépenses, et le développement d'une surcharge pondérale.
A cela s'ajoute malheureusement trop souvent un "oubli" du petit déjeuner (les carences qu'il entraîne chez l'enfant ne seront jamais rattrapées au cours de la journée).
- Influence de l’hérédité :
Il existe une inégalité des individus face à l'obésité. Des études génétiques des populations nous ont appris que l'héritabilité de l'obésité oscille de 25 à 45 %. Le facteur héréditaire concernerait tout de même 30% des enfants. Un enfant a 30% de risques d'être gros si un des parents est obèse, et 80% si les deux le sont.
- Déséquilibre de l’activité physique :
Le phénomène d’obésité est d’autant plus amplifié par la diminution progressive de l'activité physique et l’installation de la sédentarité (télévision, jeux vidéos...). L’enfant ne dépense donc pas assez de calories. L’activité physique contribue à diminuer le bilan énergétique. De plus, elle joue un rôle favorable sur la composition corporelle, les capacités fonctionnelles et le développement des enfants.
- Déséquilibre psychologique:
Les facteurs d’origine psychologique sont perçus comme participatifs de la genèse de l'obésité, de son évolution ou comme facteur associé ( et non plus causal). On estime qu'environ 30 % des enfants et adolescents ayant des problèmes de poids mangent de façon compulsive sans même avoir faim. Ces débauches de nourriture sont parfois déclenchées par une émotion comme la tristesse, le stress ou la colère, où elles surviennent toujours à un moment précis de la journée.

PREVENTION ET CONSEILS A L'OFFICINE:
On l'aura compris, il n'est surtout pas question ici de régime, mais plutôt de l'apprentissage d'un comportement alimentaire. Voici donc quelques règles élémentaires pour une alimentation équilibrée qu’il est nécessaire de rappeler aux parents dont les enfants souffrent d’obésité :
- Ne pas habituer le bébé aux boissons sucrées. Lui présenter un biberon d’eau pure suffit. S’il a soif, il le boira. Sinon, c’est qu’entre les soupes et les légumes, également pourvoyeurs d’eau, il a régulé sa soif tout seul.
- Ne pas donner au plus petit la même quantité de nourriture qu’à ses aînés, sous prétexte de ne pas commettre d’injustice.
- Attention à la tentation des plats vendus tout préparés en portions individuelles (riches en sel et en graisses).
- Ne pas forcer un enfant à manger s’il n’a pas faim. Passé 1 an, le bébé mange moins et sa masse graisseuse, qui est de 20 à 25 % à 9-10 mois, tombe à 12 % à 6 ans. Il est donc parfaitement normal qu’on puisse compter ses bourrelets à la naissance et ses côtes à 6 ans !
- Maintenir quatre repas dans la journée, goûter y compris,
- Ne surtout pas oublier le petit déjeuner,
- Chaque repas doit être constitué d'un plat principal accompagné d'un légume vert ou d'un féculent en alternance,
- Supprimez les grignotages (chips, cacahuètes...) en donnant l'exemple. Il est beaucoup plus facile de ne pas les acheter que d'avoir sans arrêt à dire non,
- Variez les menus pour apprendre à l’enfant le plaisir de manger,
- Apprenez-lui à mastiquer correctement ses aliments. L’enfant doit penser à ce qu'il mange,
- Evitez de le faire manger devant la télévision,
- Dès qu’il est autonome et qu’il marche seul, il faut absolument s’assurer qu’il a le temps et l’espace nécessaires pour bouger et se dépenser. Proposez des activités physiques en semaine, et organisez des week-ends sportifs en famille (marche, vélo...).

BIBLIOGRAPHIE
-
Trop nourri, mal nourri : l'enfant consommateur et vulnérable, Pierre-André Doyard, Stock, ISBN : 2234052017
- Guide de la nutrition de l'enfant, Patrick Serog, Seuil, ISBN : 2020358492
- L'enfant et sa nutrition, Danièle Starenkyj, Orion Canada, ISBN : 2891240154