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Les allergies alimentaires

La prévalence de l'allergie alimentaire a doublé en 5 ans et avoisine les 4 %. Ce type d'allergie alimentaire est 3 fois plus fréquent chez l'enfant que chez l'adulte. On estime ainsi que 6 à 8,5 % des enfants d'âge préscolaire sont atteints d'allergies alimentaires. On observe, depuis ces 10 dernières années, une augmentation de la gravité des allergies alimentaires et une multiplication des urgences allergologiques. Face à cette situation, l'AFSSA vient de publier un rapport préconisant des mesures pour enrayer ce phénomène.

Les allergènes les plus souvent incriminés dans les allergies alimentaires de l'enfant sont les œufs (34 %), les arachides et les noix (25 %), le lait de vache (8 %) et le poisson (5%). Les allergènes d'origine végétale (fruits des groupes latex (banane, avocat, kiwi), rosacées (fruits rouges, pommes, abricots…), oléagineux et ombellifères (carottes, aneth, fenouil)) prédominent dans les allergies des adultes.
La fréquence des allergies alimentaires augmente. Parmi les motifs invoqués, citons la diversification alimentaire des bébés qui se fait de façon de plus en plus précoce.
A l'inverse, signalons l'effet préventif de l'allaitement maternel sur les risques d'allergies alimentaires sous réserve qu'il soit pratiqué sur une période suffisamment longue (4 à 6 mois).
Les signes cliniques objectivant l'allergie apparaissent généralement dans les minutes qui suivent l'absorption de l'aliment responsable. Les manifestations sont très variées et sont plus ou moins graves en fonction des individus.

De la simple démangeaison au choc anaphylactique

Elles peuvent aller de la simple réaction oro-pharyngée (démangeaison ou picotement de la langue et de la gorge, gonflement des lèvres, sensation de gonflement oro-pharyngé) au tragique choc anaphylactique en passant par des troubles digestifs ( douleurs abdominales, diarrhées, nausées et vomissements) ou cutanés (eczéma ou urticaire). L'allergie alimentaire peut aussi être à l'origine du déclenchement d'une crise d'asthme ou d'une rhinite qui peut être associée à une conjonctivite.
Les manifestations allergiques varient également en fonction de l'âge. Ainsi, l'eczéma est fréquent chez les nourrissons et les très jeunes enfants. Chez les plus enfants plus âgés et les adultes, ce sont les urticaires qui prédominent. Les formes graves sont plus fréquentes chez les adultes.
Le diagnostic de l'allergie repose sur un bilan complet clinique et biologique avec enquête alimentaire et tests cutanés. Après identification du ou des allergènes responsables, le traitement préventif le plus efficace en sera le régime d'éviction. Des traitements de fond pourront être mis en place en fonction des manifestations occasionnées (cromoglyate de sodium, kétotifène). Une immunothérapie spécifique de désensibilisation pourra être menée dans un service spécialisé. Le traitement de la crise repose sur l'utilisation de corticoïdes et d'anti-histaminiques. En cas de bronchospasme associé, des bronchodilatateurs Béta adrénergiques pourront être prescrits. Les manifestations les plus aiguës sont prises en charge par injection d'adrénaline et éventuellement par oxygénothérapie.

Les mécanismes de l'allergie

L'allergie se caractérise par une hypersensibilité développée contre des protéines allergéniques présentes dans un aliment. Elle survient suite à l'ingestion au travers d'un aliment d'un allergène qui va provoquer, dans la plupart des cas, une réaction du système immunitaire de type IgE dépendant. La manifestation allergique se produit en 2 étapes. La première est la phase de sensibilisation qui se produit lors du 1er contact et qui va préparer l'organisme à réagir de façon immédiate lors d'un 2nd contact avec l'allergène. Lors de celui-ci, se déclenche la manifestation allergique proprement dite qui va entraîner, lors de l'association des IgE avec les mastocytes, la libération des médiateurs de l'inflammation, dont le principal est l'histamine.

Les mesures de l'AFSSA

La réflexion sur les allergies alimentaires a été relancée dans le cadre du Programme National Nutrition Santé. L'amélioration de la prise en charge et de la prévention des allergies alimentaires est un des 9 objectifs de ce plan. Le rapport récemment publié par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) met en avant le retard de la France vis-à-vis des autres pays européens et fait ressortir une insuffisance de renseignements sur les étiquetages des industriels de l'agroalimentaire notamment sur l'origine des matières premières utilisées. Autres constatations : les consommateurs ne sont pas assez informés et sensibilisés aux risques d'allergies alimentaires et les médecins insuffisamment formés à la question.
Devant ces conclusions, l'AFSSA vient de présenter ses mesures anti-allergie :

L'AFSSA préconise également le renforcement de la surveillance épidémiologique par la mise en place de réseaux de surveillance du même type que le réseau Sentinelle pour la grippe.