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L'insuffisance veineuse

L'insuffisance veineuse est une pathologie très fréquente qui touche le tiers des Français en période d'activité professionnelle et la moitié après l'âge de la retraite. C'est une pathologie à forte dominante féminine : la prévalence chez la femme est 1,5 à 2 fois plus élevée que chez l'homme. Elle est sous-traitée puisque seule 1 personne sur 2 est suivie pour ce problème et 1 sur 3 prend des phlébotoniques

L'insuffisance veineuse

L'insuffisance veineuse est liée à une anomalie de fonctionnement du système veineux superficiel et/ou profond qui peut être associée à une insuffisance valvulaire. D'expression variée, elle peut aller de la fréquente sensation de lourdeur des jambes, jusqu'aux complications cutanées et aux phlébites en passant par les varices, les crampes nocturnes, les ecchymoses spontanées, le syndrome d'impatience des membres inférieurs (mouvements incontrôlés des jambes en début de nuit) et l'œdème des membres inférieurs.
Parmi les facteurs de prédisposition et les éléments aggravants, citons : l'hérédité, l'âge, la grossesse, l'obésité, les variations hormonales, la contraception estro-progestative, la sédentarité, la station prolongée debout ou assise, la chaleur, l'exposition solaire ainsi que le port de talons hauts et de vêtements trop serrés.
Les signes annonciateurs initiaux de l'insuffisance veineuse sont des lourdeurs de jambes, ressenties parfois comme des brûlures. Elles surviennent, généralement, le soir au coucher, ou lors d'une position debout prolongée. La chaleur exacerbe le phénomène. On observe souvent un petit œdème au niveau des chevilles le soir, qui disparaît le matin. La marche et la position allongée soulagent les symptômes.
Parmi les complications de l'insuffisance veineuse, la thrombose veineuse superficielle est la plus fréquente : il s'agit de la formation d'un caillot dans une varice, due à la stagnation du sang. C'est ce que l'on appelle habituellement la para-phlébite ou phlébite superficielle. Généralement, ce caillot reste localisé et une application de pommade d'anti-inflammatoire peut suffire pour l'éliminer. Le danger de la phlébite réside dans le risque de déplacement du caillot vers le réseau profond notamment vers les poumons avec la possibilité de provoquer une embolie pulmonaire. L'hypodermite, l'eczéma variqueux, l'hémorragie variqueuse et l'ulcère variqueux sont d' autres complications possibles.
Une palpation des jambes complétée par des examens spécifiques comme l'écho-doppler permettra d'objectiver le niveau d'atteinte veineuse classé de 0 à 3 : classe 0 (pas de gène fonctionnelle), classe 1 (insuffisance veineuse chronique mineure avec atteinte limitée aux veines superficielles), classe 2 (I.V. chronique modérée avec troubles trophiques sans ulcère), classe 3 (I.V. chronique sévère avec troubles trophiques majeures et ulcères, veines profondes atteintes).

Importance de la prévention

La part de l'hérédité est importante dans l'insuffisance veineuse superficielle mais le mode de vie et les habitudes jouent également un grand rôle. La prévention de l'insuffisance veineuse repose, en partie, sur la qualité de l'hygiène de vie. Il est ainsi conseillé : de contrôler son poids et son alimentation, d'éviter les stations assises et debout prolongées, de pratiquer la marche à pied tous les jours pendant au moins 1/2 h, d'éviter la chaleur en particulier les expositions solaires et les bains chauds, de surélever ses jambes en position allongée et de les doucher à l'eau froide. Lors d'un voyage prolongé en avion, il est recommandé de marcher toutes les 2 heures pour soulager ses jambes. Autre prévention efficace, le port de collants de maintien ou de contention.

Les différents niveaux de traitement

La contention élastique est l'un des principaux traitements des symptômes de l'insuffisance veineuse des membres inférieurs. La compression élastique par des bandes, des bas ou des collants permet, en diminuant le volume des veines et donc la quantité de sang stagnant, de faciliter la circulation et le retour veineux. Elle améliore également le fonctionnement des valves antireflux.
Cette compression a ainsi pour effet d'améliorer considérablement la symptomatologie clinique de l'insuffisance veineuse (jambes lourdes et douloureuses, œdèmes, crampes) et de prévenir l'apparition ou d'aider à la guérison des complications de l'insuffisance veineuse (phlébite, ulcère de jambe). La prescription médicale précisera les caractéristiques de la contention : le type, la force et la durée en fonction de la sévérité de l'insuffisance veineuse (contention légère (I) à forte (IV)).
Les médicaments phlébotoniques à visée symptomatique sont proposés au stade 1, en particulier, en période d'exacerbation des signes fonctionnels (printemps, été). Il n'a pas été démontré que ces derniers aient un effet prophylactique sur la survenue d'une insuffisance veineuse chronique. Il semblerait, par contre, qu'ils soulagent les lourdeurs de jambes. Il faut généralement 2 mois de traitement avant de ressentir une amélioration. Leur action peut être complétée par les crèmes, gels ou sprays à usage externe qui s'appliquent en massage circulaire de bas en haut de la jambe.
En cas de syndrome obstructif chronique ou à titre préventif dans certaines situations à risque (alitement prolongé favorisant la survenue de phlébite ou pathologie associée), un traitement anticoagulant sera mis en place.
Les varices peuvent être traitées par sclérothérapie au cabinet du médecin angiologue (injection dans la veine superficielle d'un produit sclérosant qui transforme la varice en un cordon fibreux qui se rétracte avant de disparaître), par phlébectomie (incision de la veine sclérosée que l'on vide de son contenu) ou par stripping encore appelé éveinage (retrait chirurgical de la veine anormale pratiqué sous anesthésie).
Une rééducation adaptée (drainage lymphatique et veineux, mobilisation articulaire et renforcement musculaire), associée à la mise en place d'une contention élastique, pourront suivre l'intervention.