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"Contraception :
ne laissez pas l'imprévu décider à votre place "

Aujourd'hui, la contraception est largement répandue en France : le taux d'utilisation des contraceptifs n'a cessé d'augmenter et figure parmi les plus élevés d'Europe. Plus de 2 femmes sur 3, entre 20 et 44 ans, utilisent une méthode contraceptive. Cependant, les chiffres prouvent que la contraception n'est pas suffisamment maîtrisée : le taux d'IVG s'est stabilisé, mais demeure important avec environ 220 000 IVG pour 730 000 naissances.

Une nouvelle campagne sur la contraception, intitulée " La contraception. Ne laissez pas l'imprévu décider à votre place ", vient d'être lancée. Le plan de communication comprend un affichage publicitaire dans les villes de plus de 10 000 habitants, des spots radiophoniques et la diffusion de 7 millions de brochures d'information par les professionnels de santé. Le nombre d'IVG réalisées en France montre une maîtrise encore insuffisante de la fécondité notamment dans la population des adolescentes.

De la pilule à la contraception d'urgence

La contraception a beaucoup progressé ces dernières années. Plus de 2 femmes sur 3, entre 20 et 44 ans, utilisent une méthode contraceptive (pilule 41 % d'utilisatrices, stérilet 16 %, préservatif 5 %, abstinence périodique 4 %, retrait 2 à 3 %). La femme a le choix entre différentes méthodes dont l'efficacité est très satisfaisante : pilule 99,5 %, stérilet 97 à 99 %, préservatif 95 % (s'il est bien utilisé), spermicides 75 %, contraception d'urgence 75 à 98 %.
La plus efficace des contraceptions reste le contraceptif oral, association estro-progestative.
Son efficacité est, cependant, liée à sa bonne observance : l'efficacité contraceptive n'est plus assurée en cas d'oubli supérieur à 12 h voire 2 à 8 h pour les formes microdosées. Dans ce cas, il faut prendre le dernier comprimé oublié (ce qui peut conduire à prendre 2 cps le même jour) et utiliser une méthode contraceptive locale jusqu'aux prochaines règles si l'oubli est supérieur à 12 h (2 h pour les pilules microdosées). L'estrogène utilisé est exclusivement l'éthinyl-estradiol (EE) et le progestatif un dérivé de la nor-testostérone (seule Diane* est à base d'acétate de cyprotérone).
On distingue les pilules normodosées dosées à 50 µg d'EE associé à des progestatifs de 1ère génération (combinées monophasiques (Planor*, Stédiril*) ou séquentielles (Ovanon*, Physiostat*), les pilules minidosées avec 30 à 40 µg d'EE associé à des progestatifs de 2ème ou 3ème génération (combinées monophasiques (Minidril*, Orthonovum*, Minulet*), diphasiques (Miniphase*, Adépal*) ou triphasiques (Triella*, Triminulet*, Phaeva*) et les formes microdosées avec 15 à 20 µg d'EE associé à des progestatifs de 3ème génération (toutes combinées monophasiques (Cycléane 20*, Mercilon*, Harmonet*).
L'utilisation de doses de plus en plus faibles d'EE et de progestatifs de 2ème et 3ème génération ont permis de diminuer considérablement les effets secondaires des contraceptifs oraux.
Les estro-progestatifs sont déconseillés dans certains cas (tabagisme, obésité, diabète, hyperlipidémie, tumeurs bénignes du sein, fibrome, insuffisance rénale, allaitement) et sont contre-indiqués en cas d'accidents et d'antécédents thrombo-emboliques, d'affections cardio- vasculaires, de tumeurs malignes du sein et de l'utérus, de pathologie oculaire d'origine vasculaire et d'affections hépatiques. La femme doit, dans ces différents cas de figure, s'orienter vers une autre méthode.
Le stérilet ou Dispositif intra-utérin, agit en rendant la muqueuse utérine impropre à la nidation. Le stérilet entraîne une inflammation au niveau de la muqueuse qui devient inapte à assurer le développement d'un embryon (d'où la contre-indication d'utilisation des anti-inflammatoires dans la période fécondante). Des saignements inter-cycles peuvent survenir. Le DIU est plutôt conseillé chez les multipares en raison de possibles infections génitales, source possible d'infertilité.
L'année 2000 a vu l'apparition d'un nouveau mode de contraception : l'implant sous cutané Implanon* qui se présente sous la forme d'un petit bâtonnet de la taille d'une allumette et qui doit être placé sous la peau sur la face intérieure du bras. Cet implant, placé par le gynécologue sous anesthésie locale, délivre dans la circulation un progestatif l'etonorgestrel qui va assurer la contraception en bloquant les ovulations et en rendant la glaire cervicale hostile à la pénétration de spermatozoïdes. Sa durée d'efficacité est de 3 ans avec une bonne réversibilité puisque la fertilité reprend généralement dans les 3 semaines qui suivent le retrait. Une modification du profil de saignement peut survenir (prolongation de la durée des règles et saignements entre les cycles possibles).
Le préservatif, très utilisé chez les jeunes, a l'avantage de protéger des MST, point à prendre en considération en cas de partenaires multiples.
L'arrivée de la " contraception d'urgence " a permis de diminuer le nombre d'IVG. Cependant, les dernières mesures prises ne doivent en aucun cas banaliser cette méthode dont l'emploi doit rester exceptionnel et ne peut pas remplacer une contraception régulière. La " pilule du lendemain " agit par un double mécanisme : elle inhibe ou retarde l'ovulation et modifie la muqueuse utérine qui devient impropre à la nidation. Pour une efficacité optimale, il convient de la prendre dans les 72 h suivant le rapport non ou mal protégé et de renouveler la prise 12 à 18 heures après. Les effets indésirables (nausées, vomissements, vertiges, asthénie, céphalées, mastodynies et douleurs abdominales) semblent moins marqués sous Norlevo* que sous Tétragynon*. Des saignements peuvent apparaître. Ces effets secondaires peuvent persister jusqu'à 24 h après l'administration de la 2ème dose.

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