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L'hypertension artérielle
L'hypertension artérielle touche près de 7 millions de personnes en France. Après 50 ans, un Français sur 4 est concerné. L'HTA est un facteur de risque majeur de nombreuses maladies telles que les affections coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux, l'insuffisance cardiaque et l'insuffisance rénale. Ce risque est multiplié quand existent conjointement d'autres facteurs de risque, comme le tabagisme, les dyslipidémies ou le diabète. Au lendemain de la Journée Nationale de l'Hypertension Artérielle, faisons un point sur cette pathologie
La pression artérielle est
définie par le produit du débit cardiaque par les résistances artérielles
périphériques. On considère que la pression artérielle est normale si elle est
inférieure ou égale à 140 mm Hg (PAS)/90 mm Hg (PAD). L'ANAES a défini 3 grades dans
l'hypertension : l'HTA " légère " de Grade 1 pour des valeurs de PA Systolique
de 140 à 159 et de PA diastolique de 90 à 99, l' HTA " modérée " de Grade 2
pour une PAS de 160 à 179 et une PAD de 100 à 109, l' HTA " sévère " de
Grade 3 pour une PAS >180 et une PAD >110. On considère que l'HTA est clairement
identifiée au delà de 160/95 mm Hg. On distingue deux types d'hypertension : l'HTA
essentielle (90 % des cas) c'est à dire sans cause identifiée et l'HTA secondaire (10 %
des cas) dont l'étiologie a été identifiée (iatrogène, rénale, endocrinienne,
cardiaque
). Lors de l'installation de l'hypertension, on peut parfois observer
quelques symptômes non-spécifiques de type asthénie, vertiges, céphalées et
acouphènes mais l'HTA est une maladie le plus souvent sournoise qui peut rester longtemps
silencieuse. Elle est le plus souvent découverte par hasard à l'occasion de la mesure de
la pression artérielle lors d'un examen de routine. La confirmation du diagnostic
nécessite une répétition de mesures dans des circonstances différentes.
Un bilan complet est alors réalisé : électrocardiogramme (évaluation de la fonction
cardiaque), bilan glucidique et lipidique, mesure de la kaliémie (recherche d'un hyper
aldostéronisme) et de la créatinine plasmatique (évaluation de la fonction rénale).
Des examens complémentaires viendront, dans certains cas, compléter ce bilan afin de
mesurer une quelconque altération des fonctions cardiaque et rénale : doppler des
artères rénales, angiographie et échocardiographie cardiaque.
L'HTA est préjudiciable, pour la santé, pour les complications qu'elle peut occasionner,
d'où l'importance d'un dépistage précoce. Elle peut, en effet, être à l'origine de
conséquences graves pour l'organisme : hypertrophie du ventricule gauche (observée chez
25 % des hypertendus) qui peut occasionner des troubles du rythme et une insuffisance
cardiaque, insuffisance rénale chronique, athérosclérose qui majore les risques
d'accidents vasculaires cérébraux et d'ischémie myocardique (elle-même à l'origine
d'angor et d'infarctus).
Parmi les facteurs de risque de survenue d'une HTA, citons : les antécédents familiaux,
le surpoids, le diabète, la surconsommation de graisses saturées, l'âge et le sexe (les
hommes sont concernés avant 50 ans tandis que les femmes, protégées par les
estrogènes, sont hypertendues à partir de la ménopause), la surconsommation de sel, le
tabagisme et l'alcoolisme
Le traitement de l'Hypertension artérielle
La prise en charge de l'HTA commence par l'amélioration de l'hygiène de vie : régime
alimentaire équilibré avec diminution de l'apport sodé (5 à 6 g de sel/jour),
activité physique d'endurance à faible niveau d'effort, diminution de la surcharge
pondérale, baisse de la consommation d'alcool (25 cl de vin/jour pour les hommes et 15 cl
pour les femmes) et suppression du tabac. Une correction d'une hypercholestérolémie ou
d'un diabète sera également préconisée avant tout démarrage de traitement
antihypertenseur.
Le choix de la première prescription est fonction des caractéristiques du patient. Il
tient compte de ses antécédents cardio-vasculaires, des pathologies associées, du
risque de survenue d'effets adverses et le cas échéant, d'interférences avec un autre
traitement chronique. 7 familles d'antihypertenseurs sont à disposition du corps
médical. L'ANAES recommande (avril 2000) l'utilisation de 4 classes en priorité : les
diurétiques et les bétabloquants puis les inhibiteurs calciques et les Inhibiteurs de
l'Enzyme de Conversion (IEC). L'appartenance du patient à certains groupes à risque
oriente le choix du traitement : Diabète de type 1 avec protéinurie : IEC ; Insuffisance
cardiaque : IEC ; diurétiques ; Hypertension systolique isolée du sujet âgé :
diurétiques thiazidiques, inhibiteurs calciques en alternative ; Infarctus du myocarde :
bétabloquants, IEC ; Insuffisance rénale : bénazepril (sauf contre-indication
spécifique).
Rappelons que les diurétiques sont déconseillés chez les sujets obèses et chez les
diabétiques, que les bétabloquants le sont chez les asthmatiques, les artéritiques et
les diabétiques insulino-dépendants, que les IEC sont à proscrire chez les
bronchitiques chroniques en raison du risque d'aggravation de leur toux et que les
inhibiteurs calciques sont déconseillés chez les patients ayant un mauvais état veineux
des membres inférieurs. Parmi les 3 autres classes présentes sur le marché, citons la
classe la plus récente du marché, les Sartans (inhibiteurs de l'angiotensine I), qui, à
la différence des IEC, ne provoquent pas de toux résiduelle.